Contribution de MIRABEL-LNE à l'enquête publique sur le captage en eau potable de la ville de Metz

 

 

Communiqué MIRABEL-LNE du 17 octobre 2017

 

L’alimentation en eau de l’agglomération messine, un long fleuve tranquille ?

 

Le 17 octobre 2017 se clôturait dans le plus grand silence l’enquête publique sur le projet d’arrêté établissant les périmètres de protection de la prise d'eau dans le Rupt-de-Mad, alimentant la ville de Metz et 23 communes avoisinantes. Et pour cause, elle se déroule en Meuse et Meurthe-et-Moselle, départements chevauchés par le captage, mais sans en informer les principaux intéressés.

 

Des manquements aux exigences de bonne information du public

Dans sa contribution à l’enquête, MIRABEL-LNE dénonce l’absence d’information des populations qui consomment l’eau issue du captage. Pourtant concernées au premier chef, elles sont privées de leur droit constitutionnel à l’information et la participation aux décisions ayant une incidence sur leur environnement.

En tout état de cause, le dossier soumis à l’enquête est lacunaire. Rédigé par l’hydrogéologue agréé en 2013 en se basant sur des analyses de qualité de l’eau datant au mieux de 2012, le rapport motivant la prise de l’arrêté de protection n’étudie qu’en surface les pollutions de l’eau en amont du captage et leurs incidences. Principalement d’origine agricole, de nombreux pesticides et nitrates se retrouvent dans l’eau et nécessitent des traitements à la station de Moulins-lès-Metz, sans toutefois les faire totalement disparaître. On retrouve donc au robinet des traces d’AMPA (dérivé du glyphosate), de nitrate, de metazachlor, de metaldéhyde… Si toutefois le relevé mensuel effectué par l’Agence Régionale de Santé permet de constater que les seuils réglementaires de teneurs de pesticides dans l’eau potable sont (de justesse) respectés, rien dans le dossier ne permet de conclure au respect des normes en cas de pic de pollution d’octobre à décembre lors des fortes pluies.

 

Un arrêté préfectoral trop peu ambitieux

Les principales sources de pollution diffuse étant connues, on pouvait attendre d’un arrêté ayant vocation à « [interdire] tout fait ou activité susceptible d’altérer la qualité de l’eau ou d’en modifier les caractéristiques et le sens d’écoulement » qu’il mette en place des restrictions fortes dans les périmètres de protection. Il n’en est malheureusement rien. Seule une zone tampon de 35 ha autour du périmètre immédiat constitue un rempart face aux produits phytosanitaires par une interdiction générale. Au-delà, les épandages de pesticides restent tolérés dans les pratiques agricoles. MIRABEL-LNE ne peut que déplorer l’absence de considération sanitaire. Il existe pourtant des exemples de captage dans le Jura ou les Hautes-Pyrénées mettant en place de véritables protections de la ressource par la limitation des pratiques agricoles à celles n’ayant pas recours aux produits phytosanitaires.

Une fois de plus, les populations concernées, les habitants de Metz et de ses environs, se retrouvent dans la situation regrettable de pollués-payeurs. Le présent arrêté par son insuffisance et son imprécision les condamne à recourir à une ressource en eau de mauvaise qualité, à en supporter tous les risques, et à en financer une dépollution finale très coûteuse. 

 

Contact : Nicolas CORREA – 09 81 98 30 17


 

Moselle