Nos 10 propositions associatives


Nos 10 propositions associatives 

sur la gestion et la valorisation des déchets


 

1. Promouvoir la réduction des quantités de déchets à la source :

Intégrer les objectifs fixés par les lois Grenelle constitue un minima, nous proposons d’aller au-delà des 7% de réduction des déchets par habitant d’ici 2014. Nous proposons en complément l’objectif d’une réduction des quantités de déchets collectés de 15% d’ici 2017 et de 25% d’ici 2025.

Les actions développées devront viser les producteurs de déchets et d’emballage, en particulier les producteurs locaux, les entreprises relais (commercialisation et service), les consommateurs et les actions de communication et de formation.


 

2. Promouvoir les bonnes pratiques individuelles :

La bataille des déchets ménagers ne se gagnera pas seulement au travers de sommes colossales investies dans de grandes infrastructures de traitement. Le plus important c’est de changer fondamentalement les comportements des producteurs et des consommateurs.

Si des efforts énormes doivent bien sûr être exigés des industriels qui continuent de mettre à la disposition des consommateurs des quantités de produits ne répondant pas aux critères de développement durable, il reste qu’une modification profonde des habitudes des particuliers doit être rapidement obtenue car c’est la condition incontournable permettant d’espérer une gestion cohérente, efficace et durable des déchets ménagers.

Ceci passe obligatoirement par une systématisation du tri à la source. En effet tout objectif de valorisation, de réemploi ou de recyclage nécessite des produits triés et propres.


 

3. S’interdire le développement des filières dangereuses :

Nous souhaitons la mise en place d’une stratégie pour atteindre, a minima, en 2015 les objectifs du Grenelle :

·  envoyer au moins 40% des déchets produits vers des filières de valorisation matière

·  diminuer de 15% la mise en décharge et l’incinération des déchets du territoire.

 

4. S’interdire le tourisme des déchets ménagers

Pour des raisons évidentes d’économie de transport, de bilan carbone, et pour éviter que certaines parties du territoire se transforment en poubelle géante, il convient au-delà des effets de taille et du souci louable de mutualisation, de rechercher systématiquement des solutions de traitement aux déchets ménagers possibles localement ou à une distance la plus courte possible au sein d’installations de taille raisonnable tenant compte des contraintes environnementales et humaines du lieu où ces installations sont implantées.

 

 

5. Promouvoir les filières alternatives

Pour atteindre en 2025 l’objectif de diviser par deux les quantités de déchets mis en décharge ou incinérés il faut développer considérablement l’offre de traitement par des filières alternatives. Les consommateurs pour leur part ne doivent pas oublier que pour faire fermer une ligne d’incinérateur de déchets ménagers le meilleur moyen est de ne rien mettre dedans qui se brûle.

Non seulement il s’agit de promouvoir les filières biologiques comme le compostage individuel et collectif, la méthanisation, mais il faut développer simultanément toutes les filières qui font appel au recyclage et réemploi, comme pour les plastiques, les DEEE ou les métaux, le bois, le verre entre autre (grâce à la réhabilitation des consignes pratiquée avec succès depuis longtemps en Allemagne depuis).

 

 

6. Aider les structures de promotion, de recherche et d’innovation

L’évolution des comportements des citoyens dépend d’une bonne information et d’une formation. Elle dépend aussi de l’accès facile à des services organisés et performants répondant correctement aux besoins.

Nous sommes encore en France, au tout début d’une période prometteuse qui devrait se caractériser par l’apparition et le développement de nouvelles techniques et de nouveaux services.

L’intérêt général est donc de favoriser localement l’éclosion d’initiatives en mettant en œuvre au niveau du département une politique de promotion et de soutien à ce type d’activités :

·  Recherche et innovation,

·  Expérimentation et Développement,

·  Création de nouveaux services adaptés.


7. Gérer les déchets ultimes

Certaines formes de traitement des déchets ménagers comme l’incinération ou la mise en décharge conduisent à générer des déchets ultimes qui s’avèrent extrêmement dangereux. Il s’agit entre autres des jus de décharge, des fumées, des mâchefers, des cendres sous chaudières, des REFIOM et des produits de traitement des fumées des incinérateurs.

Il convient à ce sujet de garantir une surveillance et une traçabilité totale de ces polluants d’une part en contrôlant sérieusement ces émissions, au-delà des seules obligations réglementaires, et d’autre part en assurant un suivi permanent de leur devenir.

Cela impose entre autres d’aller plus loin dans la surveillance des rejets et de leurs impacts dans l’environnement en privilégiant le contrôle continu.

 

 

8. Promouvoir la transparence

Le citoyen moderne n’accepte plus de se voir imposer sans concertation des solutions toutes faites destinées à résoudre des problèmes qui le concernent directement. L’implantation dans un secteur géographique donné d’installations connues pour être polluantes génère automatiquement des inquiétudes, des suspicions et des oppositions.

Mettre en avant l’intérêt général ne suffit plus pour calmer les craintes légitimes de la population. L’acceptabilité de tels projets, tous structurants pour de nombreuses années, implique d’expliquer correctement leur nature, leurs contraintes, les risques et les raisons des choix retenus. L’évaluation de projets qui mettent en jeu l’environnement et la santé par le « rapport bénéfices/ risques » n’est plus suffisante car elle permet à quelques uns d’encaisser les bénéfices pendant que beaucoup d’autres supportent les risques. Cela implique aussi, et surtout, de consulter très à l’amont les populations au moment où les décisions sont encore modifiables, en prenant réellement en compte les avis et observations qui sont émis.

Nous souhaitons que l’article 7 de la charte de l’Environnement ainsi que la convention d’Aarhus soient les axes moteurs des réflexions à mener et que leurs principes soient explicitement rappelés dans la rédaction des documents produits.

 

 

9. Promouvoir des plans de gestion des déchets « Climat - compatibles »

La collecte et le traitement des déchets sont des postes non négligeables des bilans carbones des collectivités qui assurent ces compétences. Les choix effectués en termes de politique déchets influent donc sur les émissions de gaz à effet de serre, et par suite sur la manière dont un territoire lutte contre les changements climatiques.

La gestion des déchets sera d’autant plus efficace et pertinente si elle est conçue de manière transversale, en lien avec les autres problématiques environnementales, sociales et économiques du département. Il ne s’agit pas seulement d’un problème technique à résoudre, il fait sortir d’une posture sectorielle dans l’élaboration des politiques territoriales.

 

 

10. Modifier le système de financement des déchets

Le système actuel de financement de la collecte et de traitement des déchets ménagers est à la fois opaque, injuste, inefficace, et constitue une porte ouverte à des dérives financières.

Il est opaque parce que les taxes qui l’alimentent sont la plupart du temps noyées au sein des impôts locaux. La majorité des gens sont ainsi incapables de dire combien ils paient pour leurs déchets. On incite ainsi beaucoup de citoyens à croire que le service des déchets est un service public GRATUIT, or c’est faux !

Il est injuste car la redevance s’appuie sur une assiette qui n’a rien à voir ni avec le nombre de personnes, ni avec les revenus, ni avec la qualité ou la quantité de service rendu. Que vous soyez nombreux ou pas, que vous produisiez peu ou beaucoup de déchets, le prix reste le même.

Il est inefficace car il n’est pas assis sur une grandeur caractéristique des déchets. Alors que chacun dispose d’un compteur d’eau, d’un compteur de gaz, d’un compteur d’électricité, d’un compteur de téléphone ce qui lui permet de suivre ses consommations et de les maîtriser, ce n’est pas le cas pour les déchets. Le citoyen, par ailleurs totalement tributaire d’un marché captif, puisqu’il n’a pas le choix du prestataire, ne dispose pas ainsi de la possibilité de maîtriser ses dépenses en agissant sur les quantités et la qualité des déchets qu’il fait prendre en charge.

Il faut à ce titre promouvoir la mise en place de systèmes de facturation adaptés comme par exemple la pesée embarquée. Il convient aussi d'accompagner ces mesures par des campagnes de sensibilisation pour les populations concernées et développer parallèlement des mesures de surveillance et, si nécessaire, de dissuasion, en particulier dans les zones où les décharges sauvages posent déjà un sérieux problème.



Thématique environnementale: