Cigéo et géothermie à Bure...Une affaire brûlante!


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Communiqué 15/12/2014             www.burestop.eu       http://burezoneblog.over-blog.com/       http://pandor.at

Projet Cigéo et géothermie à Bure…Une affaire brûlante !
 
Une ressource géothermique enfin avérée qui remet les choix en cause 
Désormais, du BRGM(1) à l'IRSN(2), tout le monde est d'accord : il y a bien une ressource géothermique importante sous Bure ! Pourtant, l'absence de ressource géothermique d'intérêt particulier est un critère fondamental de sûreté(3) pour le choix du site du projet d’enfouissement des déchets nucléaires (projet CIGEO).
 
Le catastrophique forage 'EST433' en 2008 
Le forage 'EST433' réalisé en 2008 avait pour objectif de caractériser un gros aquifère et son potentiel géothermique dans le sous-sol de Bure. 
Dans le cahier des charges, l'Andra(4) avait imposé de laisser en trou nu (sans tubage de protection) un épais ensemble argileux friable qui présentait des zones caves et des instabilités de parois. Un colmatage inhabituel provoqué par de la boue et des sédiments a été constaté dès le début des tests. De très nombreux dysfonctionnements en découlent : coincement d'une sonde, comblement prématuré du forage par des fines d'argiles, abandon des tests de longue durée et de toute mesures fiables de température et de salinité. 
Dans son compte rendu, l'Andra a minimisé ces dysfonctionnements et a donné une interprétation erronée des résultats pour conclure à l'absence de potentiel géothermique. 
Six associations(5) ont dénoncé cette affaire. Une audience est prévue le 05 janvier 2015 à 15h au tribunal de Nanterre.
 
Salinité dans les grès du Trias, un échantillonnage douteux 
La salinité est un paramètre important notamment pour comprendre le fonctionnement des aquifères à l'échelle régionale, ce qui est essentiel dans le cadre du projet cigéo.
La confusion règne sur cette salinité qui, suivant les sources, oscille entre 20 et 180 g/l(6)
- Prélèvement de la saumure lors du forage 'EST433', ce qui était prévu :
Afin d'obtenir des fluides les plus représentatifs possibles de la formation géologique, des pompages d'une durée d'une semaine étaient prévus dans le cahier des charges. Le suivi de la qualité du fluide et de son conditionnement devaient être strictement encadrés.
- Prélèvement de la saumure lors du forage 'EST433', ce qui s'est fait :
Rien de tout cela n'a eu lieu. Lors du test de pompage n°2, sur une durée d'environ 8h, 35m3 de fluide ont été récupérés. Cette saumure a du traverser le manteau de boue de forage du pourtour de la crépine puis passer dans la crépine "remplie de boue solide jusqu'à proximité de son sommet" pour ensuite être conditionnée dans d'obscures conditions.
 
Des éléments erronés glissent d'un service de l'État à un autre
Le CLIS(7) de Bure a demandé une expertise au BRGM. Présentée le 17/11/14 en assemblée générale, cette expertise récapitule les nombreux travaux qui, entre 1976 et 2008, montrent l'intérêt indéniable du potentiel géothermique du sous-sol de Bure.
Cependant, ce rapport donne une description erronée de la façon dont les tests du forage 'EST433' ont été réalisés :
En premier lieu, ce rapport valide les résultats du test n°1 alors que ce test n'est pas interprétable(8).
Mais plus grave, le texte "BRGM" avance que le test n°2 aurait été un 'slug test', c'est à dire un test qui n'utilise pas de pompe(9). Ainsi, il sous-entend que la saumure aurait été prélevée ultérieurement.
Pourtant, le contrôleur du maître d’œuvre du forage(8) s'étonne que le 'slug test' prévu lors du test n°2 ait été omis. Il n'y a jamais eu de 'slug test' pour le test n°2. Ce test était bel et bien un test de pompage durant lequel le prélèvement de 35m3 de saumure a été effectué dans les conditions déplorables décrites plus haut. 
Nous recommandons de demander au CLIS de Bure le rapport des opérateurs de ces tests qui décrit ces opérations. 
Cette affirmation erronée de l'absence de pompe pour l'un des tests figurait dans une publication antérieure de l'Andra(10) et a donc 'glissé' d'un service de l’État à un autre...
 
Mais ce sont des "responsables" qui glissent d'un service de l'État à un autre !
En réalité les géothermiciens professionnels du BRGM ne disent rien sur des tests hydrauliques dont ils avaient été exclus aussi bien lors de leur conception que de leur réalisation par l'Andra et opérateurs privés. Le texte "BRGM" renvoie à un tableau intitulé de manière erronée : "tableau-résultat des deux slug-tests (Andra)". Il ne fait donc que citer l'Andra.
Il y a eu justement des nouveaux arrivants au BRGM depuis ces tests. Patrick Landais (ancien Directeur du CREGU Société civile Areva-Total), actuel Directeur scientifique du BRGM, a été 12 ans le grand Directeur scientifique de l'Andra notamment lors de la conception et la réalisation de ce forage EST433. De même, l'hydrogéologue de l'Andra qui donnait les ordres lors de ces tests du forage EST433, Georges Vigneron, est lui aussi maintenant au BRGM...
 
Un nouveau forage est nécessaire 
Si le test de pompage n°2 nous donne des informations incontestables sur les capacités de production de la ressource géothermique de Bure, au moins équivalentes à celles des exploitations du Dogger Parisien(11), les dysfonctionnements notables du forage 'EST433' empêchent de caractériser précisément la ressource géothermique (température, salinité). 
Ainsi, un nouveau forage doit être envisagé et mis en œuvre de manière impartiale et indépendante afin de caractériser précisément la ressource du Trias et du Permien sous Bure. En attendant, cette question fondamentale de sûreté et toutes les interrogations qu'elle soulève devraient suffire à elles seules à stopper tout avancement du projet CIGEO et à annuler le projet
 
CONTACTS : Mirabel LNE : 09 81 98 30 12 - Antoine Godinot : 03 52 45 01 29
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Notes :
1 Bureau de recherche géologique et minière (BRGM)
2 Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)
3 Règle fondamentale de sûreté ASN (Autorité de sûreté Nucléaire)
4 Agence National pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA)
7 Comité Local d'Information et de Surveillance
8 Rapport de Contrôle scientifique - tests entre obturateurs EST433 Trias - pour le Maitre d'œuvre Egis-géotechnique, 24/07/08
9 http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-63598-FR.pdf, "slug-tests", p. 18 et tab. 2 p. 20 et p. 31
10 Landrein, Ph. - Vigneron, G. - Delay, J. - Lebon, P. - Pagel, M. 2013, "Lithologie, hydrodynamisme et thermicité dans le système recoupé par les forages Andra de Montiers-sur-Saulx (Meuse)" 


 
 
Communiqué 09/12/2014             www.burestop.eu       http://burezoneblog.over-blog.com/       http://pandor.at 

Géothermie avérée sous BURE...

L'enfouissement des déchets nucléaires dans Cigéo serait illégal et risqué

L'Andra a "oublié" de se mettre en conformité avec les exigences de l'ASN et c'est grave
Dès 1980, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a défini des critères officiels pour choisir un lieu pour l'enfouissement des déchets nucléaires qui puisse garantir la « sûreté nucléaire » pour les centaines de milliers d'années pendant lesquelles ces déchets restent dangereux. Ces critères officiels stipulent notamment qu'il ne faut pas se mettre au dessus d'une ressource géothermique dite « d'intérêt particulier »(1)
En effet, quand on aura oublié l’existence de ces déchets nucléaires enfouis, il ne faudrait pas qu'un jour futur des personnes aillent forer le sous-sol pour exploiter cette ressource énergétique propre(2). Ces personnes risqueraient alors de tomber nez à nez avec les déchets radioactifs et de provoquer des dégâts irrémédiables et incontrôlables sur le monde du vivant.
Fait inquiétant, en dépit des rapports de géologie appliquée existants qui indiquaient un bon potentiel géothermique depuis les années 1980, un forage profond n'a été réalisé à Bure qu'en 2008 pour voir si la ressource existait. Le "laboratoire" y a été autorisé bien avant, en... 1999.
En recoupant les différentes études depuis 1980, il apparaît pourtant clairement que cette ressource est optimale -production de chaleur, voire d'électricité- juste en dessous du lieu actuellement choisi.
 
Eau chaude sous BURE : l'IRSN change d'avis et adapte - dangereusement- son discours aux événements 
En 2009, l'IRSN(3), organisme officiel de recherche de l’État en matière de sûreté nucléaire, concluait : « le forage traversant le Trias réalisé au centre de la zone permet de confirmer l'absence de potentiel géothermique exploitable à son aplomb. »
La validation par l’État en 2010 de la ZIRA(4), cette zone choisie pour installer un centre d'enfouissement (Cigéo)(5) repose sur cet avis de l'IRSN.
Entre 2010 et 2013, de nouvelles expertises scientifiques sont venues pourtant contredire cet avis.
En 2013, l'IRSN revient sur ses affirmations : « la formation argilo-gréseuse du Trias inférieur présente donc un potentiel géothermique. Celui-ci pourrait être compatible avec une exploitation de type BE(2). Ce type d’exploitation est associé à des usages permettant une valorisation directe de la chaleur, par exemple dans des réseaux de chauffage urbains. », des serres agricoles, etc...
 
Alors, Cigéo n'a rien à faire à BURE ?
Les faits sont là. L'avis de l'IRSN qui a servi à la validation de la « ZIRA » par l’'État est techniquement erroné.
L’'État doit donc revenir sur cette validation et stopper le projet CIGEO(5).
Même si la ressource géothermique est désormais avérée, de nombreuses incertitudes persistent encore. Température, salinité, épaisseur exploitable et possibilité de haute énergie plus profonde (Permien) sont encore mal déterminées et doivent être étudiées. En effet, de nombreux dysfonctionnements ont été constatés lors du forage géothermique réalisé en 2008. Les résultats et la présentation qui en a été faite pour conclure à l’absence de ressource – désormais démentie - posent aussi de nombreuses interrogations. 
 
L'Andra mise en demeure de s'expliquer
Toutes ces questions font actuellement l’objet d’un recours des associations(6) qui demandent que la faute de l’ANDRA soit reconnue dans cette affaire.
Le 5 janvier 2015, au Tribunal de Nanterre, sera jugée la plainte des associations. Un appel est lancé pour aller soutenir celles-ci : + d'infos à venir.
 
Déchets nucléaires – Arrêtez d'en produire, surtout ne pas enfouir 
Ni ici ni ailleurs !
 
CONTACTS : Mirabel LNE : 09 81 98 30 12 - Antoine Godinot : 03 52 45 01 29
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Notes :
1 Règle fondamentale de sûreté - ASN
2 Avec l'épuisement du pétrole et du gaz, les ressources géothermiques en profondeur (>1000 mètres) sont de plus en plus précieuses pour le futur. En France, elles sont déjà exploitées par exemple dans le bassin parisien (exploitation de type BE : basse énergie) où elles chauffent environ 180 000 équivalents logements (cf. http://www.brgm.fr/projets/gestion-ressource-geothermique-dogger-ile-france
3 Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)
4 ZIRA, Zone d'Intérêt pour la Reconnaissance Approfondie
5 cigéo, Centre Industriel de stockage géologique pour les déchets radioactifs de moyenne et haute activité

A consulter :
- Tract A4 recto verso - coordination BURESTOP, 17/11/2014 : Géothermie à Bure, l'IRSN prend-t’elle position au GRÈS du vent ?
- Synthèse des commentaires sur la présentation de l'IRSN d'Avril 2014 (MIRABEL LNE) : http://pandor.at/p/fichiers/synthese_geothermie_IRSN_2014.pdf
- Dossier assignation géothermie :


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