Villoncourt : Le jugement prononcé n’enlève pas l’eau…



DECHARGE DANS LES VOSGES

Le jugement prononcé n’enlève pas l’eau…

 

La clairière forestière de la Campagne à Villoncourt dans les Vosges se cache bien loin de toute habitation, au beau milieu d’une forêt humide très riche en biodiversité. Cette zone verte est connue localement pour être alimentée en permanence par de l’eau pure provenant de nombreuses sources. Ces exsurgences sont le résultat d’ interconnexions complexes entre les nombreuses nappes perchées dans les intercalations marno-calcaire et marno-dolomitiques affleurantes et/ou en provenance des calcaires karstiques sous jacents.

Depuis le début des travaux menés en 2011 par SITA – SUEZ pour la mise en exploitation d’une importante décharge de déchets ménagers et assimilés jusque 2015 et d'origine exclusivement industrielle ensuite, des venues d’eau pérennes apparaissent dans les différentes excavations. Vu le contexte hydrogéologique particulièrement sensible du secteur, ce phénomène imprévu a soulevé de nombreuses inquiétudes.

 

Dans un rapport de Juillet 2011, le BRGM relève que la carte géologique officielle et la coupe géologique présentée par SITA sont totalement incompatibles. Cette incompatibilité concerne une épaisseur de plus ou moins 20 mètres d’argile imperméable, existant – ou pas – au droit du site. Les géologues les plus renommés de la région (BRGM, DREAL, Universités de Metz et de Nancy etc...) ont mis près d'un an à trouver quelques points d'entente à ce sujet...

Alors que les travaux avançaient à grands pas ; au vu des enjeux en cause ; des associations locales membres de MIRABEL LNE et de nombreuses communes n’ont pas souhaité attendre le dénouement de ces interminables tergiversations. Ainsi, seuls contre tous, elles ont osé exposer officiellement ces incohérences géologiques au tribunal administratif de Nancy face aux plus hautes administrations.

 

 Lors de l’audience du jugement, le rapporteur public avait conclu à une insuffisance de l’étude d’impact vis à vis de l’hydrogéologie. Ces conclusions allaient donc dans le sens d’une annulation du projet. La bataille semblait gagnée ! Pourtant, trois semaines plus tard, Le tribunal conclut finalement que la géologie est conforme à la réglementation, refuse d’annuler le projet et condamne les organismes requérants à reverser solidairement 3 000 euros pour payer les frais d’avocats de la société SITA.

Désormais, les scientifiques ne remettent plus la géologie en cause. Il s'avère cependant qu’une nappe non répertoriée nommée ‘nappe de la dolomie limite’ est à l’origine des venues d’eau observées et se trouve juste au niveau du fond du casier n°1. Ces incertitudes ont poussé le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel de la région Lorraine à recommander, par avis du 03 juillet 2012, que des études complémentaires soient menées pour préciser le fonctionnement hydrogéologiques du site.

 

Le jugement prononcé n’enlève pas l’eau… 



Grâce aux implications citoyennes de grande ampleur, le ministère demande en parallèle à SITA d’évacuer par pompage en permanence les venues d'eau imprévues, et ce même quand la décharge ne sera plus en exploitation. Un arrêt prolongé des pompages représenterait donc un risque sanitaire non négligeable pour les populations avoisinantes, risque qui n’aurait jamais été étudié sans la vigilance citoyenne en place.

 

Le comportement de ce système hydrogéologique dans une année où les nappes seraient particulièrement remplies est toujours inconnu. En effet, les estimations de ces débits (30 à 100 m3/j) ont été faits dans des périodes très déficitaires en eau (années 2011). 

 


L'environnement, la forêt humide qui entoure la décharge, les cours d'eau dans lesquels sont rejetés ces eaux drainées, les espèces et habitats protégés très nombreux seraient soumis à un risque permanent de pollution tout au long de l' exploitation et encore plus après. Si le projet venait finalement à aboutir, la vigilance toute particulière des associations ne laisserait passer aucun préjudice à l’environnement.

 

            Sur les ordres du préfet, SITA n’a pas attendu de recevoir l’ordonnance du tribunal pour verser ses premières bennes. De nombreux organismes de tous horizons en appellent dès aujourd’hui en plus haut lieu l’Etat français pour obtenir la suspension de cette mise en déchets.

 

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Blog de l'association CADEMOVI

Vosges
Date: 
Mercredi, 18 Juillet, 2012 (Jour entier)